Regional content : DeutschlandBelgiumEspañaItaliaFranceGreat BritainNederlandNorgePortugalSlovenijaSuisseÖsterreichБългарияLatvijaMagyarországRomânia
Portugal   >  Textos legais   >  TEXT DE LA DIRECTIVE 2008/52/CE

TEXT DE LA DIRECTIVE 2008/52/CE

DIRECTIVES
DIRECTIVE 2008/52/CE DU PARLEMENT EUROPÉEN ET DU CONSEIL
du 21 mai 2008


sur certains aspects de la médiation en matière civile et commerciale

LE PARLEMENT EUROPÉEN ET LE CONSEIL DE L’UNION EUROPÉENNE,

vu le traité instituant la Communauté européenne, et notamment
son article 61, point c), et son article 67, paragraphe 5,
second tiret,

vu la proposition de la Commission,

vu l’avis du Comité économique et social européen (1)-[JO C 286 du 17.11.2005, p. 1.],

statuant conformément à la procédure visée à l’article 251 du
traité (2)- [Avis du Parlement européen du 29 mars 2007 (JO C 27 E du
31.1.2008, p. 129), position commune du Conseil du 28 février
2008 (non encore parue au Journal officiel) et position du Parlement
européen du 23 avril 2008 (non encore parue au Journal officiel).],

considérant ce qui suit:
(1) La Communauté s’est donné pour objectif de maintenir et de développer un espace de liberté, de sécurité et de justice, dans lequel est assurée la libre circulation des personnes. À cet effet, la Communauté doit adopter, entre autres, dans le domaine de la coopération judiciaire en matière civile les mesures qui sont nécessaires au bon
fonctionnement du marché intérieur.

(2) Le principe de l’accès à la justice est fondamental et, en vue de faciliter un meilleur accès à la justice, le Conseil européen réuni à Tampere les 15 et 16 octobre 1999 a invité les États membres à créer des procédures de substitution extrajudiciaires.

(3) En mai 2000, le Conseil a adopté des conclusions sur les modes alternatifs de règlement des conflits relevant du droit civil et commercial et a déclaré que l’établissement de principes fondamentaux dans ce domaine constituait un pas essentiel pour permettre le développement et le fonctionnement appropriés de procédures extrajudiciaires concernant le règlement des conflits en matière civile et
commerciale de façon à simplifier et améliorer l’accès à la justice.

(4) En avril 2002, la Commission a présenté un livre vert sur les modes alternatifs de résolution des conflits relevant du droit civil et commercial, qui dressait un bilan de la situation actuelle en ce qui concerne les modes alternatifs de résolution des conflits dans l’Union européenne et engageait une vaste consultation auprès des États membres et des personnes concernées sur les mesures pouvant être mises en oeuvre pour encourager le recours à la médiation.

(5) L’objectif de garantir un meilleur accès à la justice, qui fait partie de la politique de l’Union européenne visant à établir un espace de liberté, de sécurité et de justice, devrait englober l’accès aux modes de résolution des litiges tant judiciaires qu’extrajudiciaires. La présente directive devrait contribuer au bon fonctionnement du marché intérieur, notamment en ce qui concerne la possibilité de disposer de services de médiation.

(6) La médiation peut apporter une solution extrajudiciaire économique et rapide aux litiges en matière civile et commerciale au moyen de processus adaptés aux besoins des parties. Les accords issus de la médiation sont susceptibles d’être respectés volontairement et de préserver une relation amiable et durable entre les parties. Ces avantages sont plus marqués encore dans des situations comportant des éléments transfrontaliers.

(7) Pour encourager davantage le recours à la médiation et faire en sorte que les parties qui y recourent puissent se fonder sur un cadre juridique prévisible, il est nécessaire d’établir une législation-cadre qui porte en particulier sur les aspects essentiels de la procédure civile.

(8) Les dispositions de la présente directive ne devraient s’appliquer qu’à la médiation des litiges transfrontaliers, mais rien ne devrait empêcher les États membres de les appliquer également aux processus de médiation internes.

(9) La présente directive ne devrait nullement empêcher le recours aux techniques modernes de communication dans le cadre des processus de médiation.

(10) La présente directive devrait s’appliquer aux processus dans lesquels deux parties ou plus à un litige transfrontalier tentent par elles-mêmes, volontairement, de parvenir à un accord à l’amiable sur la résolution de leur litige avec l’aide d’un médiateur. Elle devrait s’appliquer aux matières civiles et commerciales, sans pouvoir
néanmoins s’appliquer aux droits et obligations dont les parties ne peuvent disposer par elles-mêmes en vertu de la législation pertinente applicable. De tels droits et obligations sont particulièrement fréquents en droit de la famille et en droit du travail.

(11) La présente directive ne devrait pas s’appliquer aux pourparlers précontractuels ni aux processus quasi judiciaires tels que certaines procédures judiciaires de conciliation, les plaintes de consommateurs, l’arbitrage et les décisions d’expert ou aux processus dans lesquels des personnes ou des instances émettent une recommandation formelle, contraignante ou non, quant à la solution du litige.

(12) La présente directive devrait également s’appliquer aux cas dans lesquels une juridiction renvoie les parties à la médiation ou à ceux dans lesquels le droit national la prescrit. En outre, lorsque le droit national permet au juge d’agir en qualité de médiateur, la présente directive devrait également s’appliquer à la médiation menée par un juge qui n’est en charge d’aucune procédure judiciaire
ayant trait à l’objet du litige. La présente directive ne devrait pas, toutefois, couvrir les tentatives faites par la juridiction ou le juge saisi pour résoudre un litige au cours de la procédure judiciaire relative audit litige, ni les cas dans lesquels la juridiction ou le juge saisi demande l’assistance ou les conseils d’une personne compétente.

(13) La médiation prévue par la présente directive devrait être un processus volontaire en ce sens que les parties ellesmêmes sont responsables du processus et peuvent l’organiser comme elles l’entendent et y mettre un terme à tout moment. Néanmoins, en vertu du droit national, les juridictions devraient avoir la possibilité de limiter le processus de médiation dans le temps. En outre, les juridictions devraient pouvoir attirer l’attention des parties sur la possibilité d’une médiation chaque fois qu’elle est appropriée.

(14) Aucune disposition de la présente directive ne devrait affecter une législation nationale rendant le recours à la médiation obligatoire ou soumis à des incitations ou à des sanctions, pour autant qu’une telle législation n’empêche pas les parties d’exercer leur droit d’accès au système judiciaire. De même, aucune disposition de la
présente directive ne devrait affecter des systèmes autorégulés de médiation existants, dans la mesure où ils portent sur des aspects ne relevant pas de la présente directive.

(15) Afin d’assurer la sécurité juridique, la présente directive devrait indiquer la date qu’il convient de prendre en considération pour déterminer si un litige que les
parties tentent de régler par la médiation est un litige transfrontalier ou non. En l’absence d’accord écrit, les parties devraient être réputées consentir à la médiation
dès l’instant où elles effectuent une démarche spécifique visant à entamer un processus de médiation.

(16) Pour assurer la confiance réciproque nécessaire en ce qui concerne la confidentialité, les effets sur les délais de prescription ainsi que la reconnaissance et l’exécution des accords issus de la médiation, les États membres
devraient encourager, par tout moyen qu’ils jugent approprié,la formation des médiateurs et la mise en place de mécanismes efficaces de contrôle de la qualité relatifs à la fourniture des services de médiation.

(17) Les États membres devraient définir de tels mécanismes, qui peuvent inclure le recours à des solutions commerciales, et ne devraient pas être tenus de les financer. Ces mécanismes devraient viser à préserver la souplesse du processus de médiation et l’autonomie des parties et veiller à ce que la médiation soit menée avec efficacité,
impartialité et compétence. L’existence du code de conduite européen pour les médiateurs devrait être signalée aux médiateurs, ce code devant aussi être accessible
au public sur l’internet.

(18) Dans le domaine de la protection des consommateurs, la Commission a adopté une recommandation (1)-[Recommandation 2001/310/CE de la Commission du 4 avril 2001
relative aux principes applicables aux organes extrajudiciaires chargés de la résolution consensuelle des litiges de consommation (JO L 109 du 19.4.2001, p. 56).], qui établit les critères minimaux de qualité que les instances extrajudiciaires chargées de la résolution consensuelle des litiges de consommation doivent offrir à leurs utilisateurs. Tout médiateur ou tout organisme entrant dans le champ d’application de cette recommandation devrait être encouragé à en respecter les principes. Afin de faciliter la diffusion des informations relatives à de telles
instances, la Commission devrait constituer une base de données des systèmes extrajudiciaires que les États membres jugent conformes aux principes de ladite
recommandation.

(19) La médiation ne devrait pas être considérée comme une solution secondaire par rapport aux procédures judiciaires au motif que le respect des accords issus de la
médiation dépendrait de la bonne volonté des parties. Les États membres devraient donc veiller à ce que les parties à un accord écrit issu de la médiation puissent obtenir que son contenu soit rendu exécutoire. Un État membre ne devrait pouvoir refuser de rendre un accord exécutoire que si le contenu de l’accord est contraire à son droit, y compris son droit international privé, ou si son droit ne prévoit pas la possibilité de rendre le contenu de l’accord en question exécutoire. Tel pourrait être le cas si l’obligation énoncée dans l’accord ne pouvait, par nature, recevoir
la force exécutoire.

(20) Le contenu d’un accord issu de la médiation qui est rendu exécutoire dans un État membre devrait être reconnu et déclaré exécutoire dans les autres États
membres, conformément au droit communautaire ou national applicable, par exemple sur la base du règlement (CE) no 44/2001 du Conseil du 22 décembre 2000 concernant la compétence judiciaire, la reconnaissance et l’exécution des décisions en matière civile et commerciale (1)-[ JO L 12 du 16.1.2001, p. 1. Règlement modifié en dernier lieu par le règlement (CE) no 1791/2006 (JO L 363 du 20.12.2006, p. 1).] ou du règlement (CE) no 2201/2003 du Conseil du 27 novembre 2003 relatif à la compétence, la reconnaissance et l’exécution des décisions en matière matrimoniale et en matière de responsabilité parentale (2)-[JO L 338 du 23.12.2003, p. 1. Règlement modifié par le règlement (CE) no 2116/2004 (JO L 367 du 14.12.2004, p. 1)].

(21) Le règlement (CE) no 2201/2003 prévoit expressément que, pour être exécutoire dans un autre État membre, tout accord entre les parties doit être exécutoire dans
l’État membre dans lequel il a été conclu. Par conséquent, si le contenu d’un accord issu de la médiation dans le domaine du droit de la famille n’est pas exécutoire dans
l’État membre où il a été conclu et où la demande visant à le rendre exécutoire est formulée, la présente directive ne devrait pas encourager les parties à contourner la loi de l’État membre en question en faisant en sorte que l’accord soit rendu exécutoire dans un autre État membre.

(22) La présente directive ne devrait pas porter atteinte aux règles des États membres concernant l’exécution des accords issus de la médiation.

(23) La confidentialité est importante dans le cadre du processus de médiation et la présente directive devrait par conséquent prévoir un degré minimum de compatibilité
entre les règles de procédure civile concernant les modalités de protection de la confidentialité de la médiation dans toute procédure ultérieure, qu’il s’agisse d’une
procédure judiciaire civile ou commerciale ou d’un arbitrage.

(24) Pour encourager les parties à recourir à la médiation, les États membres devraient veiller à ce que leurs règles de prescription n’empêchent pas les parties de saisir une juridiction ou un arbitre si leur tentative de médiation échoue. Les États membres devraient s’assurer que tel est le cas même si la présente directive n’harmonise pas les règles nationales sur les délais de prescription. Les dispositions
relatives aux délais de prescription prévus dans des accords internationaux applicables dans les États membres, par exemple dans le domaine du droit des
transports, ne devraient pas être affectées par la présente directive.

(25) Les États membres devraient encourager la mise à la disposition du public d’informations sur la manière de contacter les médiateurs et les organismes fournissant des services de médiation. Les États membres devraient également encourager les praticiens de la justice à informer leurs clients des possibilités de médiation.

(26) Conformément au point 34 de l’accord interinstitutionnel «Mieux légiférer» (3)-[JO C 321 du 31.12.2003, p. 1.], les États membres sont encouragés à établir, pour eux-mêmes et dans l’intérêt de la Communauté, leurs propres tableaux, qui illustrent, dans la mesure du possible, la concordance entre la présente directive et les mesures de transposition, et à les rendre publics.

(27) La présente directive vise à promouvoir les droits fondamentaux et tient compte des principes qui sont reconnus notamment par la charte des droits fondamentaux de
l’Union européenne.

(28) Étant donné que l’objectif de la présente directive ne peut pas être réalisé de manière suffisante par les États membres et peut donc, en raison des dimensions ou
des effets de l’action, être mieux réalisé au niveau communautaire, la Communauté peut prendre des mesures conformément au principe de subsidiarité consacré à l’article 5 du traité. Conformément au principe de proportionnalité tel qu’énoncé audit article, la présente directive n’excède pas ce qui est nécessaire pour atteindre
cet objectif.

(29) Conformément à l’article 3 du protocole sur la position du Royaume-Uni et de l’Irlande, annexé au traité sur l’Union européenne et au traité instituant la Communauté européenne, le Royaume-Uni et l’Irlande ont notifié leur souhait de participer à l’adoption et à l’application de la présente directive.

(30) Conformément aux articles 1er et 2 du protocole sur la position du Danemark, annexé au traité sur l’Union européenne et au traité instituant la Communauté européenne, le Danemark ne participe pas à l’adoption de la présente directive et n’est pas lié par celle-ci, ni soumis à son application,


ONT ARRÊTÉ LA PRÉSENTE DIRECTIVE:
Article premier
Objet et champ d’application
1. La présente directive a pour objet de faciliter l’accès à des
procédures alternatives de résolution des litiges et de favoriser le
règlement amiable des litiges en encourageant le recours à la
médiation et en garantissant une articulation satisfaisante entre
la médiation et les procédures judiciaires.
2. La présente directive s’applique, dans les litiges transfrontaliers,
aux matières civiles et commerciales, à l’exception des
droits et obligations dont les parties ne peuvent disposer en
vertu de la législation pertinente applicable. Elle ne s’applique
notamment ni aux matières fiscale, douanière ou administrative,
ni à la responsabilité de l’État pour des actes ou des omissions
commis dans l’exercice de la puissance publique («acta jure
imperii»).
3. Aux fins de la présente directive, on entend par «État
membre», tout État membre autre que le Danemark.

Article 2
Litiges transfrontaliers
1. Aux fins de la présente directive, on entend par «litige
transfrontalier», tout litige dans lequel une des parties au
moins est domiciliée ou a sa résidence habituelle dans un État
membre autre que l’État membre de toute autre partie à la date
à laquelle:
a) les parties conviennent de recourir à la médiation après la
naissance du litige;
b) la médiation est ordonnée par une juridiction;
c) une obligation de recourir à la médiation prend naissance en
vertu du droit national; ou
d) les parties sont invitées à recourir à la médiation aux fins de
l’article 5.
2. Nonobstant le paragraphe 1, aux fins des articles 7 et 8,
on entend également par «litige transfrontalier», tout litige dans
lequel des procédures judiciaires ou d’arbitrage suivant une
médiation entre les parties sont entamées dans un État
membre autre que celui dans lequel les parties sont domiciliées
ou ont leur résidence habituelle à la date visée au paragraphe 1,
point a), b) ou c).
3. Aux fins des paragraphes 1 et 2, le domicile est déterminé
conformément aux articles 59 et 60 du règlement (CE) no
44/2001.

Article 3
Définitions
Aux fins de la présente directive, on entend par:
a) «médiation», un processus structuré, quelle que soit la
manière dont il est nommé ou visé, dans lequel deux ou
plusieurs parties à un litige tentent par elles-mêmes, volontairement,
de parvenir à un accord sur la résolution de leur
litige avec l’aide d’un médiateur. Ce processus peut être
engagé par les parties, suggéré ou ordonné par une juridiction
ou prescrit par le droit d’un État membre.
Elle inclut la médiation menée par un juge qui n’est chargé
d’aucune procédure judiciaire ayant trait au litige en question.
Elle exclut les tentatives faites par la juridiction ou le
juge saisi d’un litige pour résoudre celui-ci au cours de la
procédure judiciaire relative audit litige;
b) «médiateur», tout tiers sollicité pour mener une médiation
avec efficacité, impartialité et compétence, quelle que soit
l’appellation ou la profession de ce tiers dans l’État
membre concerné et quelle que soit la façon dont il a été
nommé pour mener ladite médiation ou dont il a été chargé
de la mener.

Article 4
Qualité de la médiation
1. Les États membres encouragent, par tout moyen qu’ils
jugent approprié, l’élaboration de codes volontaires de bonne
conduite et l’adhésion à ces codes, par les médiateurs et les
organismes fournissant des services de médiation, ainsi que
d’autres mécanismes efficaces de contrôle de la qualité relatifs
à la fourniture de services de médiation.
2. Les États membres promeuvent la formation initiale et
continue de médiateurs afin de veiller à ce que la médiation
soit menée avec efficacité, compétence et impartialité à l’égard
des parties.

Article 5
Recours à la médiation
1. Une juridiction saisie d’une affaire peut, le cas échéant et
compte tenu de toutes les circonstances de l’espèce, inviter les
parties à recourir à la médiation pour résoudre le litige. La
juridiction peut également inviter les parties à assister à une
réunion d’information sur le recours à la médiation pour
autant que de telles réunions soient organisées et facilement
accessibles.
2. La présente directive s’applique sans préjudice de toute
législation nationale rendant le recours à la médiation obligatoire
ou le soumettant à des incitations ou des sanctions, que ce
soit avant ou après le début de la procédure judiciaire, pour
autant qu’une telle législation n’empêche pas les parties d’exercer
leur droit d’accès au système judiciaire.

Article 6
Caractère exécutoire des accords issus de la médiation
1. Les États membres veillent à ce que les parties, ou l’une
d’entre elles avec le consentement exprès des autres, puissent
demander que le contenu d’un accord écrit issu d’une médiation
soit rendu exécutoire. Le contenu d’un tel accord est rendu
exécutoire, sauf si, en l’espèce, soit ce contenu est contraire
au droit de l’État membre dans lequel la demande est formulée,
soit le droit de cet État membre ne prévoit pas la possibilité de
le rendre exécutoire.
2. Le contenu de l’accord peut être rendu exécutoire par une
juridiction ou une autre autorité compétente au moyen d’un
jugement ou d’une décision ou dans un acte authentique,
conformément au droit de l’État membre dans lequel la
demande est formulée.
3. Les États membres communiquent à la Commission le
nom des juridictions ou autres autorités compétentes pour recevoir
une demande conformément aux paragraphes 1 et 2.
4. Aucune disposition du présent article n’affecte les règles
applicables à la reconnaissance et à l’exécution dans un autre
État membre d’un accord qui a été rendu exécutoire conformément
au paragraphe 1.

Article 7
Confidentialité de la médiation
1. Étant donné que la médiation doit être menée de manière
à préserver la confidentialité, les États membres veillent à ce
que, sauf accord contraire des parties, ni le médiateur ni les
personnes participant à l’administration du processus de médiation
ne soient tenus de produire, dans une procédure judiciaire
civile ou commerciale ou lors d’un arbitrage, des preuves
concernant les informations résultant d’un processus de médiation
ou en relation avec celui-ci, excepté:
a) lorsque cela est nécessaire pour des raisons impérieuses
d’ordre public dans l’État membre concerné, notamment
pour assurer la protection des intérêts primordiaux des
enfants ou empêcher toute atteinte à l’intégrité physique
ou psychologique d’une personne; ou
b) lorsque la divulgation du contenu de l’accord issu de la
médiation est nécessaire pour mettre en oeuvre ou pour
exécuter ledit accord.
2. Aucune disposition du paragraphe 1 n’empêche les États
membres d’appliquer des mesures plus strictes en vue de
préserver la confidentialité de la médiation.

Article 8
Effets de la médiation sur les délais de prescription
1. Les États membres veillent à ce que les parties qui choisissent
la médiation pour tenter de résoudre un litige ne soient
pas empêchées par la suite d’entamer une procédure judiciaire
ou une procédure d’arbitrage concernant ce litige du fait de
l’expiration des délais de prescription pendant le processus de
médiation.
2. Le paragraphe 1 s’entend sans préjudice des dispositions
sur les délais de prescription figurant dans les accords internationaux
auxquels les États membres sont parties.

Article 9
Information du public
Les États membres encouragent, par tout moyen qu’ils jugent
approprié, la mise à la disposition du public, notamment sur
internet, d’informations sur la manière de contacter les médiateurs
et les organismes fournissant des services de médiation.

Article 10
Informations sur les autorités et les juridictions
compétentes
La Commission met à la disposition du public, par tout moyen
approprié, les informations sur les autorités ou les juridictions
compétentes qui sont communiquées par les États membres
conformément à l’article 6, paragraphe 3.

Article 11
Révision
Au plus tard le 21 mai 2016, la Commission présente au
Parlement européen, au Conseil et au Comité économique et
social européen un rapport relatif à l’application de la présente
directive. Ce rapport examine l’évolution de la médiation dans
l’ensemble de l’Union européenne et l’incidence de la présente
directive dans les États membres. Il est accompagné, si nécessaire,
de propositions visant à adapter la présente directive.

Article 12
Transposition
1. Les États membres mettent en vigueur les dispositions
législatives, réglementaires et administratives nécessaires pour
se conformer à la présente directive avant le 21 mai 2011, à
l’exception de l’article 10, pour lequel la mise en conformité a
lieu au plus tard le 21 novembre 2010. Ils en informent immédiatement
la Commission.
Lorsque les États membres adoptent ces dispositions, celles-ci
contiennent une référence à la présente directive ou sont
accompagnées d’une telle référence lors de leur publication officielle.
Les modalités de cette référence sont arrêtées par les États
membres.
2. Les États membres communiquent à la Commission le
texte des dispositions essentielles de droit interne qu’ils adoptent
dans le domaine régi par la présente directive.

Article 13
Entrée en vigueur
La présente directive entre en vigueur le vingtième jour suivant
celui de sa publication au Journal officiel de l’Union européenne.

Article 14
Destinataires
Les États membres sont destinataires de la présente directive.

Fait à Strasbourg, le 21 mai 2008.

Par le Parlement européen
Le président
H.-G. PÖTTERING
Par le Conseil
Le président
J. LENARČIČ